Il n’y a qu’une façon honnête de publier la puissance d’une lampe : donner les lumens, et donner les heures que cette puissance tient. Tout le reste sur ce rayon est une accroche.
L’ampleur du problème se voit facilement. Les frontales Hyted et TravelHawk, ailleurs sur ce site, déclarent toutes deux 18 000 lumens et aucune des deux ne publie d’autonomie, de portée, d’indice de protection ni de poids. Lisez ces chiffres comme du discours commercial et passez ; les lampes ci-dessous publient davantage, et celles qui publient le plus sont en tête.
Les lanternes qui publient le couple
La lanterne Campo Libre fait la chose que cette famille ne fait presque jamais : elle nomme trois puissances et rattache sa propre autonomie à chacune. Cinq lumens en mode veilleuse jusqu’à 200 heures, 100 lumens en usage normal jusqu’à 8 heures, 300 lumens en mode lecture jusqu’à 3 heures. Elle déclare aussi IPX4, un port USB-C avec câble fourni, un corps silicone et une anse souple amovible pour suspendre, poser ou fixer. La capacité de la batterie n’est pas donnée, ce qui est le seul manque d’une page par ailleurs complète.
La Glocusent fait la même chose plus longuement : cinq niveaux à variation continue allant de 5 à 340 lumens, plus un mode 1200 lumens que le fabricant déclare tenir 3 minutes. Elle déclare 14 heures à 340 lumens et 130 heures à 5, 400 heures en mode veilleuse, quatre températures de couleur à 1800 K, 3000 K, 4500 K et 6000 K, un pack de 5000 mAh, un port USB-C annoncé pour une charge complète en 3,5 heures et pour recharger en retour d’autres appareils à 10 W, et un crochet dissimulé sous l’anse.
Un mode rafale de trois minutes publié comme trois minutes, c’est un fabricant qui joue franc jeu. C’est le même chiffre qu’une autre marque aurait imprimé dans son titre sans la durée.
Les lanternes qui publient des heures sans niveau
C’est le motif le plus courant et il vaut d’être reconnu.
Linkind est le cas intermédiaire intéressant : elle déclare jusqu’à 4,5 heures sur la LED blanc froid et jusqu’à 200 heures en mode lumière chaude, et chaque chiffre est rattaché à un mode nommé plutôt que de flotter librement. Elle déclare 6500 K pour la LED supérieure et 2700 K pour le filament central, trois piles AA non fournies, des accumulateurs 1,2 V déclarés compatibles, et 270 g sans les piles. Ce qu’elle ne publie pas, c’est un chiffre de lumens — elle vous donne donc des heures et une couleur et aucune luminosité, ce qui est l’image inversée de l’échec habituel.
Les lanternes Blukar, NATURBUMMLER et NORDMUT, ailleurs sur ce site, déclarent toutes une longue autonomie sans niveau rattaché — 10 à 50 heures sur l’une, jusqu’à 200 heures sur les deux autres — sur des lampes à variation continue qui ne publient aucune puissance. Un chiffre d’heures unique sur une lampe à variation continue ne peut pas être exploité, parce que le réglage auquel il se rapporte n’existe pas comme chose nommée.
Les frontales, et là où chacune s’arrête
Ledlenser publie trois chiffres là où la plupart en publient un : jusqu’à 600 lumens, 150 mètres de portée et jusqu’à 120 heures. Le hic, c’est que ces 120 heures sont imprimées à côté des deux autres plutôt que rattachées à un réglage : ce n’est donc pas l’autonomie à 600 lumens, et la fiche ne dit pas de quel niveau il s’agit. Elle publie aussi deux indices de protection qui ne sont pas les mêmes — IP54 dans le titre, IPX4 dans une puce — ainsi qu’une optique de focalisation et un feu arrière rouge intégré. C’est la fiche technique de frontale la plus complète ici et elle laisse encore à l’acheteur une question à poser au fabricant.
Winzwon prend l’approche inverse et cela fait du bien : aucune annonce de lumens, et à la place jusqu’à 96 mètres de portée déclarés pour le mode puissant, environ 6 heures en mode puissant et environ 11 heures en mode faible, une charge de 3 à 4 heures, IPX4, environ 68 g, et une lumière rouge COB avec un clignotement rouge SOS. Des heures rattachées à des modes nommés, sans nombre d’accroche pour en détourner l’attention.
Lepro déclare jusqu’à 150 mètres et 4,5 à 37 heures comme une plage dont aucune extrémité n’est rattachée à un mode, sur cinq modes, avec un pack de 1200 mAh, à 81 g, IPX4, avec du rouge fixe et du rouge clignotant à l’avant. La distance est réelle et les heures sont une fourchette.
Suright est la petite honnête : 140 lumens, 10 mètres au plus, trois piles AAA par lampe fournies, IPX4, 0,08 kg par lampe. Dix mètres n’est pas une annonce que quiconque inventerait, et une lampe qui la publie vous dit exactement ce qu’elle est — une lampe de corvées de camp et une lampe de secours pour la voiture.
Les piles, et ce qui se passe la quatrième nuit
Les packs rechargeables dominent ce rayon et la plupart ne nomment ni chimie, ni capacité, ni la possibilité de remplacer la cellule. Cette dernière omission compte : un pack scellé fixe la durée de vie utile de toute la lampe.
Les piles remplaçables sont le contrepoids. Linkind fonctionne sur trois AA, déclarées, avec des accumulateurs 1,2 V déclarés compatibles. Suright fonctionne sur trois AAA par lampe, fournies. Ce sont les lampes qui continuent de fonctionner sur une longue sortie quand il n’y a aucun moyen de recharger quoi que ce soit.
La suspension, et le détail que l’on oublie
Une lanterne de camp ne vaut que ce que vaut l’endroit où elle peut pendre. Campo Libre déclare une anse souple amovible pour une tente, un van, un balcon ou un sac à dos. Glocusent déclare une anse antidérapante sur le dessus et un crochet dissimulé en dessous. Linkind déclare une anse de portage bombée antidérapante, annoncée pour suspendre autant que pour porter, sans crochet nommé.
Cherchez un crochet ou un aimant avant les lumens. Une lanterne posée sur le plancher de la tente éclaire le plancher.
Choisir une paire
La plupart des camps veulent deux lampes : une sur la tête pour marcher, cuisiner et retrouver ses affaires, et une suspendue au-dessus pour tout le reste.
Pour la tête, Winzwon ou Lepro si les heures et la distance comptent plus qu’une accroche, Ledlenser si un faisceau focalisable vaut la peine de supporter un indice de protection contradictoire, Suright si des piles achetables partout comptent plus que la portée. Pour la tente, Campo Libre pour le jeu de couples puissance-autonomie le plus propre, Glocusent si la température de couleur et une batterie externe dans le même objet valent le supplément, Linkind si la lumière chaude et les piles AA sont la priorité.